Chronique : Crosses – †††

En 2013, c’est sur un titre encourageant, The Epilogue que le trio californien Crosses (†††) nous laissait deviner un futur premier album à l’esprit tout aussi brut qu’envoûtant. Après plusieurs EPs bien accueillis côté critique, leur premier album Crosses est enfin sorti dans les bacs ce 11 février 2014.

C’est le mélange audacieux des EPs précédents ainsi que la créativité du groupe (dont 5 titre inédits) qui rendent ce disque porteur de nouvelles possibilités musicales.

Démarre un voyage introspectif à travers le fracas des percussions, le grondement des guitares et la voix traînante du chanteur Chino Moreno, proche de celle d’Isaac Slade, leader du groupe The Fray.

Également chanteur du groupe de métal Deftones et de Team Sleep, Chino n’en est pas à son coup d’essai. Celui-ci avoue s’être fortement inspiré du groupe Depeche Mode, l’ayant guidé dans l’assemblage de mélodies et de rythmes parfois agrémentés de sonorités sombres et craquelées, que l’on retrouve dans les titres Nineteen Eighty Seven ou Death Bell.

De plus, le jeune groupe marque un point en apportant une touche électro façon M83, nous accueillant agréablement dès les premières notes du morceau d’ouverture: The Trick. Un titre qui annonce déjà le tempérament de ce premier opus.

Le genre très synthpop de Telepathy nous ferait presque passer outre le rock. Chino lui, s’impose déjà vocalement de façon admirable. Les titres suivants tels que Bitches Brew, Frontiers ou encore Option, attestent d’une forte sollicitation des instruments, électrifiant ainsi l’ensemble. De plus, le ton grave de Cross rappelle l’esprit mélancolique de l’album, une ballade électro rock.

Chaque morceau est orienté de manière à nous interpeller subtilement tout en y gardant un ton autoritaire.

Blk Stallion, l’un des cinq morceaux inédits, plaît. On change subitement de décor pour se diriger vers un son plutôt pop, avec une inspiration venant de la new wave. Un des petits bijoux de l’album. Celui se referme sur Death Bell. Le ton plutôt lugubre marqué par les notes de piano et la voix chargée d’émotion percutent. Mal-être et volonté d’évasion se croisent paradoxalement et survolent ainsi les quatre dernières minutes de l’opus.

Crosses, entre contrastes et instruments contrôlés, nous laisse ravis. Un album que l’on écoute et réécoute, sans modération.

A noter: le groupe s’offrira le luxe de se produire sur le devant de la scène du prestigieux Festival Coachella aux côtés des plus grands, tels que les très attendus Muse et Arcade Fire.

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