300 : La Naissance d’un Empire (qui aurait aussi très bien pu avorter)

    300 La naissance d’une empire est la suite de 300, film déjà culte de Zack Snyder, mais n’est pas vraiment sa suite… En fait, ça raconte les évènements se passant avant l’intrigue de 300, pendant l’intrigue de 300 et après l’intrigue de 300, parfois lié aux évènements du premier film, parfois non. Le scénario, un peu confus, se déroule en parallèle à l’histoire d’origine. Bref, le retour aux meurtres sanguinolents, à l’esthétique super léchée et aux répliques cultes « AHOU, AHOU » vaut elle le coup ?

SYNOPSIS: Le général grec Thémistocle tente de mobiliser toutes les forces de la Grèce pour mener une bataille qui changera à jamais le cours de la guerre. Il doit désormais affronter les redoutables Perses, emmenés par Xerxès, homme devenu dieu, et Artémise, à la tête de la marine perse…

La réponse est très simple: non.

Le film, produit par Snyder himself (depuis parti s’occuper des superhéros chez DC Comics) et co-écrit par lui est franchement pas terrible, arrivant à faire passer le 1er pour un film à la mise en scène subtile et au scénario intelligent (je rigole mais c’est presque ça quand même).

Globalement, si vous n’avez pas aimé le 1er, fuyez pauvres fous, le reste ne vous sera d’aucune utilité, vous allez vomir cette suite qui n’en n’est pas vraiment une.

Pour les fans du premier (dont je fais partie), ça risque d’être une déception pour un tas de raisons.

On peut commencer par l’histoire, le 1er était une adaptation extrêmement fidèle, pour ne pas dire littérale du comic de Frank Miller que cela soit dans l’intrigue ou le cadre des plans. Ça ne volait pas forcément très haut, ce n’était pas ce qu’il y avait de plus vrai historiquement parlant (mais ça on s’en fout un peu). Les enjeux étaient clairs, simples et ne servaient qu’à un seul but, être un trip visuel complètement délirant à grands renforts de plans iconographiques et d’imagerie numérique épique.

Le film remplissait parfaitement sa fonction de divertissement, avec des héros charismatiques torse-nus (pour les filles), des scènes de sexe (qui font plaisir aux mâles) et une violence esthétisée à l’extrême.

Snyder ouvrait la voie en remettant le péplum au goût du jour et en installant la mise à jour 2.0. On en pense ce que l’on veut, ça a donné de (trop) nombreux ersatz qui n’auraient jamais dû voir le jour mais ça marchait bien, c’était cool et ce n’est pas pour rien que le film a cartonné dans le monde entier.

Le second se veut préquel, sequel et suite du 1er, donnant lieu à un scénario souvent alambiqué, inutilement complexe dans ses différentes sous intrigues et se reliant parfois maladroitement au premier film. De plus, les enjeux se voulant nettement plus grands que le 1er opus n’arrivent jamais à la cheville de ce qui faisait le sel de 300.

En multipliant les personnages, souvent plus inintéressants que le 1er et à grand renfort de clichés, les héros apparaissent mollassons malgré les scènes d’action dantesques et les pauvres acteurs choisis n’ont pas grand-chose à donner à leurs personnages.

Casting moyen, histoire pas terrible, on aurait pu au moins être sauvé par la mise en scène de Noam Murro, jeune réalisateur israélien surtout connu pour ses publicités (n’oublions pas que Snyder vient du monde de la pub à la base), ayant en plus le double du budget du 1er

Il n’en n’est rien, le film abuse des ralentis et des projections de sang numérique à tel point que cela en devient un running gag. La mise en scène ne retrouve jamais l’inventivité de celle de Snyder, pire, elle la recopie souvent bêtement et grossièrement en mettant encore plus d’effets spéciaux et de combattants pour un résultat souvent plus proche du jeu vidéo que du film.

Si certaines scènes ou combats restent forts sympathiques à regarder, on se dit que 1h40 de film et un budget de 110 millions de dollars pour un tel résultat ne valait franchement pas le coup.

A force de vouloir toujours faire plus d’effet, le film en devient même illisible par moment, pas aidé par une photographie souvent trop sombre.

Néanmoins, de ce naufrage (assez ironique pour un film retraçant la bataille de Salamine qui se passait sur l’eau), on sauvera une chose et cocorico, c’est notre Eva Green qui continue son petit bonhomme de chemin aux US.

Eva Green, pour quiconque suit sa carrière apparait à la fois comme une évidence pour jouer le rôle d’Artemisia (général perse sadique et psychopathe aussi belle que dangereuse) mais aussi une surprise. Une surprise car elle nous a habitué à tourner des films d’auteur où elle avait de vrais rôles de composition mais aussi car ses incursions dans des blockbusters (Casino Royale) lui offrait des vrais rôles de femmes intéressanst à mille lieues des clichés habituels, ce qui n’apparait pas très cohérent avec un rôle dans 300.

Mais aussi une évidence car Eva Green n’est jamais aussi bonne que dans les rôles de folle à lier (dans la série Camelot ou elle interprète Morgane mais aussi dans Dark Shadows et son inoubliable Angélique Bouchard qui sauvait déjà le film catastrophique de Tim Burton à l’époque).

Or, ici elle est complètement en roue libre dans ce monde d’hommes et s’en donne à cœur joie dans la violence sanguinaire, le sadisme délicat, la perfidie horrifique et joue très habilement de la carte sexy au besoin, donnant envie au spectateur de la voir dans toutes les scènes du film tellement elle habite son personnage.

Mais si cela remonte le niveau du film, ça ne le sauve pas et je ne peux que vous recommander d’attendre son passage à la télé pour le voir, car cela ne vaut pas le coup de dépenser 10€ pour voir ça.

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