Philomena : La nouvelle pépite du cinéma anglais

Philomena est une dramédie british comme seuls les britanniques sont capables d’en faire, ayant pour inspiration une histoire réelle méconnue et proprement scandaleuse des abus de l’Église au cours du XXe siècle en Irlande. Stephen Frears à la manette de ce projet, autrement dit l’un des cinéastes britanniques les plus intéressants et inégal du royaume de sa Majesté, sur un scénario de Steve Coogan qui s’est donné lui-même le rôle principal, le film promettait quelque chose d’intéressant. Verdict ?

Synopsis: Philomena, une Irlandaise ayant accouché adolescente dans un couvent, n’a aucune nouvelle de son fils, adopté contre son gré. Le jour des 50 ans de la naissance de son fils, en 2002, elle en parle pour la première fois à la fille qu’elle a eue plus tard. A la suite de cela, elle part avec le journaliste, Martin Sixsmith, à la recherche de son fils.

Philomena, c’est l’incarnation de ce que les anglais arrivent à faire de mieux au cinéma, rire sans être cynique, faire réfléchir sans nous prendre pour des cons et nous divertir en partant d’événements pour le moins dramatiques et difficiles.

La bonne idée du film étant de prendre son sujet extrêmement au sérieux sans pour autant se sentir le devoir de le traiter sérieusement. Le film n’aurait pu se concentrer que sur le drame qui a hanté la vie de Philomena, au lieu de ça, il va s’amuser de cette rencontre improbable entre cette vieille dame bigote, relativement « beauf » et de ce journaliste blasé venant de l’élite intellectuelle.

Deux mondes que tout opposent mais qui vont finir par se rencontrer dans ce road trip hilarant et bouleversant dans cette quête de la vérité.

Coogan et son coscénariste ont réussi l’exploit de partir de ces événements réels dramatiques en dénonçant ce qui s’était passé 50 ans plus tôt mais aussi à défendre l’Église, à travers le personnage de Philomena qui garde encore aujourd’hui un optimisme envers la vie qui force le respect vu ce qui s’est passé dans sa vie.

Cette vision joyeuse de la vie se confrontant à celle nettement plus cynique du journaliste permet au-delà du rire de mener une réflexion sur nos croyances, de nous interroger à notre rapport envers Dieu, nous-même, les autres et notre conception de la vie. Sans en avoir l’air, ce petit film extrêmement bien réalisé par Stephen Frears qui revient ici à son plus haut niveau (et qui a su resté sobre quand il le fallait), vous marquera par son propos humaniste.

En dehors de cette histoire hors du commun, il est à noter les performances des deux protagonistes

Dame Judi Dench nous prouve, encore une fois, qu’elle pourrait être considérée comme la Meryl Streep anglaise tellement elle impose son personnage de petit bout de femme avec une intensité hallucinante.

Quand à Steve Coogan, acteur beaucoup trop méconnu proportionnellement à son talent, il réussit à tenir la dragée haute face à la Rolls Royce des actrices anglaises et arrive à rendre son personnage passionnant et humain malgré son aspect antipathique aux premiers abords.

On notera aussi la  4ème collaboration toujours aussi fructueuse entre Stephen Frears et notre Alexandre Desplat national à la musique qui fait encore une fois des étincelles.

Le film est nommé plusieurs fois dans différentes cérémonies (dont Dame Dench aux Oscars) et a déjà remporté le Bafta du meilleur scénario adapté. J’espère sincèrement qu’il gagnera d’autre prix mais surtout qu’il puisse trouver son public, car un film arrivant à être drôle, touchant et intelligent, ça n’arrive malheureusement pas toutes les semaines.

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