The Staves, une dose de douceur folk acoustique

Londres, juillet 2010. Je me trouve dans un pub-concert, comme il y en a tant dans le quartier de Camden Town, à Londres, quartier qui a vu naître des groupes aujourd’hui devenus célèbres tels que Keane et Coldplay. Le Flower Pot offrait en cette semaine de juillet, une série de performances live gratuites. Et ce lundi soir jouaient trois groupes: la « tête d’affiche », si l’on peut dire, Mt. Desolation, side-project de membres de groupes comme Keane ou The killers. Les deux premières parties étaient elles moins connues à l’époque, Lissie et The Staves.

Ce contexte qui peut paraître factuel est pourtant celui dans lequel j’ai découvert le groupe The Staves il y a plus de trois ans. L’un des premiers groupes qui m’a fait décrocher un peu de l’univers survolté du rock indé (que j’affectionne toujours autant aujourd’hui, oui bon parce que hein faut rester fidèle en amour), dans le monde merveilleux de la folk britannique. Oui parce que j’ai une passion pour tout ce qui est britannique, tss.

Ce soir-là, le groupe que j’ai découvert sur la scène du Flower Pot, pub qui n’existe malheureusement plus aujourd’hui, n’avait pas encore de maison de disques. Il s’agissait de trois sœurs, Emily, Jessica et Camilla, autour d’une guitare acoustique et d’un yukulele, offrant une performance de leurs trois voix cristallines et toutefois différentes, se mariant dans une harmonie douce et presque innocente. J’étais loin de ma vénération pour les Foo Fighters ou les Kings of Leon. C’était différent des concerts de Muse ou Arctic Monkeys où l’on saturait de sauter dans tous les sens. The Staves, c’était posé, c’était calme, une bise légère sur le visage, un souffle de vent dans les feuilles des arbres. De l’harmonie, de la mélodie, une folk légère, parfois mélancolique, parfois joyeuse.

Et c’était bon.

Cette soirée de concert reste parmi l’une des meilleures de ma vie. Je passais quelques semaines à Londres à l’époque et j’ai eu l’occasion de voir plusieurs groupes, souvent au hasard d’une soirée dans un pub, sans savoir qui jouait là. Les trois groupes qui ont occupé la scène du Flower Pot en ce lundi soir, sont devenus des gros coups de cœur, Lissie et sa pop-rock rétro mais surtout The Staves et Mt. Desolation qui ont déclenché ma passion pour la folk, passion qui perdure aujourd’hui.

Édimbourg, Écosse, novembre 2012. Après une heure et demie de bus en provenance de Glasgow où je vivais à l’époque, on se retrouve dans une petite salle de concert du centre ville. Pour voir ? The Staves, vous l’aviez deviné. Le mois précédent, le trio qui avait entre temps signé chez Atlantic Records, avait sorti son premier album : Dead & Born & Grown, que je m’étais empressée d’acheter. Une petite perle de morceaux folk aux accents parfois rock. Des coups de cœur pour des pièces simples, harmonie vocale, guitare acoustique et-ou yukulele telles que In The Long Run, Gone Tomorrow ou Dead & Born & Grown. Des morceaux plus travaillés, plus rock, comme Tongue Behind My Teeth. Toutes ces chansons que j’ai redécouvert en live, dans cette petite salle où les trois sœurs ont réussi à créer une atmosphère intime, chaleureuse et donc bienvenue en cette froide nuit écossaise. Ce concert a confirmé mon coup de cœur pour le groupe.

Il y a dans le son de The Staves quelque chose de particulier, une capacité a faire passer des émotions avec seulement une guitare, parfois même a capella, et les trois voix harmonisées d’Emily, Jessica et Camilla. Leur inspiration vient du monde qui les entoure, d’un film, d’un livre, de l’art de manière général où même d’une simple conversation. Elles le disent souvent, le but pour elle est de rester « authentiques ». On retrouve également dans leur son un petit quelque chose de britannique, davantage visible sur scène, comme une classe et une confiance en ce qu’elles font, contrebalancées par une générosité et une proximité avec leur public en live. Tout en équilibre et en harmonie, comme leur musique. A chaque fois que je les écoute, je repense à l’énergie et l’esprit de ces concerts à Londres et à Édimbourg. Avec ça, il est clairement visible qu’elles ont été bercées au son de Simon and Garfunkel et des Beatles.

Vous l’aurez compris, The Staves est ma petite dose de douceur, parmi les premières à m’avoir fait entrer dans le monde de la country folk, un monde que je ne cesse de découvrir. Si vous aimez l’acoustique, que vous avez envie de changer un peu, je vous les recommande chaudement, parfait pour écouter au coin du feu en ces longues soirées d’hiver.

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