Making Love & Climbing, le californian dream de Saint Michel

Ils sont là, cachés dans le palmier. Les yeux lumineux de Philippe Thulier et d’Emile Larroche nous épient dans le sombre feuillage triangulaire sous un ciel ambré et des vagues d’un rose édulcoré. Que cherchent-ils à faire ? Nous attacher et nous chanter leurs vers en anglais ? Nous charmer sous les louanges de l’amour qui dévore ?Un enfant fait irruption, un coup de téléphone de Thibault. Il cherche sûrement à joindre Bob. La course commence. L’atmosphère tremble sous l’air chaud Californien, la Gran Torino  roule à vitesse d’un faucon et le refrain ne cesse de murmurer « don’t let them break my world » et se cantonnera même à l’avant-dernier titre Lucie « I must drive in musical ». Le chemin se dérègle, sombrant dans la mélancolie, le mot licorne (unicorn) apparaît enfermé dans une cage, le silence grandit pour nous mener dans un Tokyo futuriste, celui de 2074. L’amour se brise face à l’armada d’instruments électroniques et cuivrés. Mais c’est maintenant l’image de cette Katherine qui hante nos esprits. La voiture tourne autour d’elle, virevoltant dans son monde féerique, il la désire, « I wish you to be mine » et les princes ensorcelés, transformés en grenouille chantent en cœur: « you think, we try, no matter how i can, it’s all right ». Hélas, le happy end passe comme un fantôme, divaguant dans un drap blanc.La voiture ralentit puis s’arrête. Les deux frenchies voient ce feu de joie  brûler dans la jouissance de ces danseurs et de ces musiciens au rythme des tambours. Les corps sont moites, le sticky robot se met lui aussi à chanter et les hommes au torse brûlant défient l’air en laissant leurs jambes danser la capoeira. Mais il est temps de reprendre la route. L’amour se dédie au fantôme nippon. I Love Japan. Nulle répétition de ce nom, ni même d’influence au pays du soleil levant. Un geisha peut-être ? Mais alors pourquoi évoquer ce « california dreaming »? Aucune réponse si ce n’est que la douceur de cette voix vous languit, vous empoisonne. Votre cœur commence à battre au ralenti, l’électrocardiogramme y voit des dérèglements, Ceci N’est Pas Une Chanson a alors commencé à jouer. Rien de plus ironique, l’E.C.G avait donc raison, notre cœur subit d’étranges battements. John Anthony Helliwell, le saxophoniste de Supertramp se met à jouer de son instrument favori, quel étrange rêve, une boite à musique se met aussi à révéler ses plus belles mélodies. Il est clair que le voyage à travers les rues californiennes n’a rien à voir avec bien d’autres. C’est presque un rêve, un californian dreaming révélé à la sixième piste. Saint Michel cherche à provoquer l’amour,  cherche à le démystifier mais il est impalpable, parfois destructeur. Philippe et Emile ont voulu s’accrocher à ces roches, grimper sur le mont Vénus tout au long de leur album Making Love & Climbing. Ils se sont perdus dans leur tiny little world, mais est-il caché dans ce palmier où ils nous fixent en chantant ?

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