Balbec et son rock ultra coloré

Balbec ça sonne les années 90 du rock indépendant, Balbec ça sonne l’énergie conjuguée aux Pixies, cependant Balbec sonne injustement encore inconnu. Pourquoi Balbec d’ailleurs ? Ville imaginaire en lien avec la célébrissime ville touristique connue sous le nom de Cabourg dans le Calvados, Balbec est imaginé par Proust dans son livre A la recherche du temps perdu. Alors y a t-il référence ? Balbec ont-ils la possibilité de nous faire planer, nous plongeant dans le même univers dont Proust sait tirer les ficelles ? A première vue, on dirait que oui.

Le quintet originaire de Paris s’est formé depuis une bonne décennie, c’est vrai ça peut paraitre vieux mais loin d’eux la prétention de faire du vieux, justement. Complétement indépendants ils ont sorti début septembre un double album (Two Sides to Every Story) très complet de 17 titres allant de l’indie pop à l’indie rock tant diversifié par les influences qu’on retrouve parfaitement l’influence du rock des Pixies sur Echoes of a Dead Heart, le premier morceau ainsi qu’un très grand hommage à la pop des français Stereolab dans le titre Doubts.

Parmi leurs autres influences on peut noter également une touche de TV On The Radio ainsi que la présence éminente du rock très eighties de Sonic Youth puis, bien sûr celle d’Arcade Fire. Autant de références qui donne un angle particulièrement copieux à cet album, c’est d’ailleurs tellement d’influences que parfois on ne sait plus où donner tête.

En côté positif. Malgré les intro un peu longues et répétitives, qui d’ailleurs nous font languir d’impatience pour enfin entendre la teneur de la chanson, on retrouve des instru particulièrement réfléchies et bien jouées, notamment l’usage de la guitare. L’énergie de la musique s’envole dans tous les sens, accélérations, ralentissements comme dans un manège de montagnes russes où la machine ralentit au moment de la montée pour éclater au niveau de la descente. On pourrait penser que les diverses influences et genres musicaux au sein d’une seule et même chanson c’est beaucoup certes, mais là est la signature du groupe, donner tout ce qu’ils ont a donner pour pouvoir retenir le meilleur. Et c’est une bonne façon de montrer l’énergie que dégage le groupe, oppressés de rien, libres de leur propre création et production musicale.

Notre chanson préférée. Quand on écoute un nouvel album dans son intégralité avec attention ou même en faisant la vaisselle notre oreille choisit un morceau qui va plus l’attirer que d’autres, et là aussi on a eu un coup de cœur auditif. Et il va pour la chanson Cathedrals. C’est une mélodie où la voix féminine et masculine des deux leaders se croise sous un fond de riff de guitare, démarrant en ballade gentillette qui débouche en fin de compte, petit à petit, sur un refrain enjoué accompagné là aussi de guitares devenues véloces qui vont là sans rappeler le groupe Pavement. C’est en particulier pour l’usage des guitares que cette chanson a fait sensation dans nos tympans, les riffs changent de rythme en fonction de la voix des chanteurs. Une chanson donc qui colle parfaitement aux voix et costumes des chanteurs.

Balbec c’est un artifice, Balbec c’est coloré, Balbec c’est le 14 juillet mais avec trop d’artifices, car à vouloir trop maitriser on ne sait plus où on en est. Mais Balbec c’est nature, loin d’être artificiel. Le quartet maitrise ses influences à sa personnalité pour donner un son de qualité, voilà ce que nous devons retenir de leur pop/rock pétillante. Il est certain que le groupe est une valeur montante du rock indépendant français.

Balbec – Two Sides to Every Story (Truth of Myth/Myth of Truth)

Sortie de l’album: 9 septembre 2013

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