Blue Jasmine : l’éclosion de Cate Blanchett

Un sac Vuitton, quelques robes Armani, plusieurs bijoux Cartier, un IPhone dernier cri et plusieurs boîtes de Xanax. Voilà tout ce qui reste à Jasmine, quarantenaire récemment veuve et définitivement esseulée. Après avoir découvert que son mari était un escroc de la pire espèce, la jeune femme perdit fortune et foyer New-Yorkais et ne trouva d’autre refuge que l’appartement de sa sœur. Pourtant, au delà de son chagrin, Jasmine n’est plus la même. Criblée de dettes et d’angoisses, elle ne sait ni quoi faire, ni qui elle est.

Cette quête de l’identité est un sujet récurrent chez Woody Allen, qui trouve toujours des héroïnes en proie au doute et au questionnement, sur le sens de la vie, sur l’avenir, sur la mort. Ici cependant, sa réalisation se fait plus discrète. Pas de caméo, pas d’humour totalement décalé (quoi qu’un peu noir), pas d’extravagance particulière. Woody Allen se serait-il assagi ? Heureusement non : sa direction est toujours aussi rythmée, ses dialogues sont toujours aussi vifs, ces personnages toujours aussi atypiques. Entre la nouvelle pauvre au bord de la crise de nerf, la sœur excentrique et autoritaire, le beau-frère un peu beauf et le dentiste obscène, Woody Allen nous offre une palette de personnalités peu communes qui surprennent, touchent et amusent. Les rôles plus secondaires, interprétés par un casting impressionnant (Alec Baldwin et Louis C.K pour ne pas les citer) font mouche et sont l’une des force du film.  La présence du réalisateur se fait sentir à la fin du film, qui reste incomplète, comme à son habitude. Ce point faible semble être une coutume chez Woody Allen et ne surprendra pas les connaisseurs, mais en décevra certains.

Mais le succès annoncé de ce film réside en une seule personne : Cate Blanchett. En interprétant Jasmine avec sensibilité, passion et une légère touche de folie, l’actrice se révèle. On la connaît tous pour son rôles dans L’étrange Histoire de Benjamin Button ou encore pour son jeu envoûtant de Galadrielle dans Le Seigneur des Anneaux ou, plus récemment, Bilbo Le Hobbit. Mais ici, elle montre un nouveau visage, plus vulnérable, plus cassé. Devant ce film, nous assistons à une véritable mise à nue qui terrifie parfois, tant l’actrice semble se confondre à son personnage. Grâce à Cate Blanchett, Jasmine n’est pas qu’une femme folle et agaçante. C’est une âme déchue, trahie, perdue, à la recherche d’un but, de quelque chose à quoi se raccrocher. Elle lui donne vie, remplie le vide que Jasmine cherche tant à combler tout au long du film. Voir une aussi belle interprétation est assez rare pour être notée, et une statuette dorée pour meilleur rôle féminin est à prévoir.

Mais en attendant la cérémonie en janvier prochain, foncez dans les salles obscures pour y admirer Blue Jasmine.

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