Magic Magic, énigmatique…

Connaissez-vous Sebastián Silva ? Réalisateur, la trentaine ? Non ? Je vous excuse… Avec très peu de films à son actif, l’espagnol Silva se fait connaître tout doucement mais sûrement, en signant sa dernière production : Magic Magic. D’abord, le film est une sélection de la Quinzaine des Réalisateurs 2013, qui a lieu pendant le festival de Cannes, il faut le dire ! Cet événement est l’occasion pour des réalisateurs peu connus, de justement se faire connaître. Même si le long métrage de l’espagnol est reparti bredouille du rendez-vous estivale, il a toutes ses chances auprès du grand public. Parlons donc de ce thriller sombre, qui touche à la folie.

L’histoire, c’est tout simplement une américaine, Alicia, qui décide de partir en vacances sur une île chilienne avec sa cousine, Sara et ses amis. Seulement, Sara n’est pas de la partie les premiers jours. Alors, Alicia, pas vraiment intégrée dans la bande de copains, voit le mal dans chacun d’eux. Elle les rejette, pensant être rejetée elle-même. Lorsque Sarah les rejoint, on imagine que la situation va s’améliorer… Mais il n’en est rien. Alicia commence alors à perdre esprit.

Par où commencer ? D’abord, ce film est complexe, difficile à appréhender, à concevoir. Si vous pensiez avoir déchiffrer avec brio tous les films de Nolan, il vous reste encore à interpréter Magic Magic. Beaucoup de questions nous parcourent à la sortie de la salle, trop de questions et pas de réponses. Un flou total qui perturbe énormément…

Pour l’histoire de base j’adhère, et vous aussi normalement. Tellement chaotique et déroutante… Silva nous entraîne dans du grand art. Un film où (enfin) la suite nous échappe, où nous errons dans le vide comme les personnages. Parlons du casting ! Emily Browning joue bien, comme son amoureux à l’écran Agustín Silva, acteur mexicain abonné aux films de José Estrada. Mais leur interprétation n’a rien d’exceptionnelle, à la limite du sans intérêt, puisque l’histoire entière est centrée sur un seul personnage, oubliant les autres. Puis on note la prestation de Michael Cera, légèrement inconvenante, qui avait déjà donné la réplique à Agustín Silva, dans Crystal Fairy, film de Sebastián Silva justement (il y a comme un air de famille…). Enfin, Juno Temple, elle, est au summum du déconcertant, incroyable dans son rôle de fille troublée, qui perd clairement ses facultés mentales. Seul rôle qui tienne vraiment la route.

Délires sur délires, illusions sur illusions, on assiste à un Inception compliqué, entre hallucinations et réalité.
Si l’interprétation et le scénario sont impeccables (de mon point de vue), la fin laisse énormément d’incertitudes au sein de l’histoire. Nous pensons à une quantité innombrable de suites au film, puisque non la fin n’est pas une fin. Une fin en soi pour le personnage mais pas pour l’histoire. Le sens du film nous échappe alors complètement. On ne comprend pas ce que Silva veut dire, veut exprimer. Alors, on se contente d’émettre un nombre faramineux d’hypothèses pour pallier ce manque d’explications de la part du réalisateur espagnol.

Pour résumer, Magic Magic est un film en VO intéressant, mêlant espagnol et anglais, à interpréter de mille façons, comme cela vous chante, pour réfléchir sans s’arrêter et laisser parler notre imagination. Troublante, confuse, obscure parfois, l’histoire envoûte. Puis, le final est surprenant. Parce que si vous n’étiez jamais rester perplexe à la fin d’une représentation, celle-ci vous laissera définitivement scotché sur votre fauteuil. Non vraiment, on n’en croit pas nos yeux lorsque l’écran devient noir et que les noms apparaissent. Et oui ! C’est fini…

 

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