Pas de grande surprise avec Le Grand Départ

Les histoires familiales dramatiques ont, depuis toujours inspiré et fasciné les réalisateurs. Les non-dits, les complexes et les faiblesses, les disputes, les amours, les tabous… Chaque famille a son scénario à écrire, son récit à raconter. Romain, jeune trentenaire à la personnalité peu affirmée, pourrait écrire un roman sur ses problèmes fraternels et paternels. Avec un frère exubérant, homosexuel et adulé par leur père, le jeune cadre n’a jamais su trouvé sa place. Il reste dans l’ombre, se contente de faire bonne figure quand il faut, de vivre pour son boulot en oubliant ses relations avec les autres. Pourtant, lorsque son père est diagnostiqué d’une grave maladie neurodégénérative qui le rend incohérent et dépendant, Romain veut prendre les devants. Ses relations avec son frère Luc, déjà compliqués, vont en s’empirant…

 Si le cinéma charme et plaît depuis de nombreuses années avec ses succès populaires, on peut dire avec beaucoup d’aplomb que Le Grand Départ détonne avec son thème difficile de la fin de vie. La maladie y est abordée sans concessions, sans artifices. Eddy Mitchell, qui interprète le père devenu fou reste humble avec un jeu tout en nuances, en contrastes. Ici, la folie a plusieurs conséquences, bonnes ou mauvaises : elle permet au personnage de Romain de s’affirmer, aux deux frères d’entrer en compétition, au père de se dévoiler. Jérémy Elkaïm n’est pas en reste avec le rôle de l’original Luc, ce personnages aux humeurs changeantes. Mais l’Homme avec un grand H de ce film reste avant tout Pio Marmaï qui émeut, qui remue, qui énerve, qui agace : qui ne laisse pas indifférent. Il est si facile de se reconnaître dans son rôle du célibataire mal dans sa peau et perdu dans une famille trop bruyante pour lui.

Grand Départ, un film bien mâché.

Le film a donc de nombreuses forces, comme son casting et son thème émouvant. Mais sa plus grande faiblesse reste sa fin, beaucoup trop simple, bâclée, mièvre et contenant une morale un peu trop belle pour être acceptable. Ce dénouement gâche les efforts du réalisateur Nicolas Mercier. Sa volonté de mettre ses personnages dans des cases à la fin fait perdre tout son charme à ce film qui avait pourtant bien commencé.

Le Grand Départ est donc un film difficile qui décrit, à tort parfois, comme une comédie dramatique. Malgré de nombreuses faiblesses, ce film reste émouvant et réussi dans l’ensemble.

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