AM, l’album de la maturité ?

Depuis 2006 (date de leur premier album) les Arctic Monkeys se sont fait un nom dans le milieu du rock et même dans le milieu de la musique de manière générale. Peu après leur deuxième Glastonbury, et cette fois en tête d’affiche, avant même les cultes Rolling Stones qui pourraient être leurs pères, les gars de Sheffield sortent leur cinquième opus simplement baptisé des initiales éponymes AM.

Qui l’aurait cru en 2005, lorsque leur premier single I Bet You Look Good On The Dancefloor sortait, que ces jeunes à peine sortis de l’adolescence allaient, quelques années plus tard, être considérés comme piliers de la musique rock contemporaine. A l’époque les Arctic Monkeys c’était un groupe qui lâchait un rock énergique, frais et rapide. Tout ça change après leur rencontre avec Josh Homme (Queens Of The Stone Age, Eagles Of Death Metal, Them Crooked Vultures..) qui produit Humbug, leur troisième album puis leur quatrième Suck It And See. Ces deux derniers sonnent plus lourds, parfois très sixties.

Pour AM, Josh Homme n’est nommé qu’en collaborateur et on sent une certaine différence. L’album est porté par deux singles sortis antérieurement à l’album. R U Mine? le premier des deux, sorti il y a déjà un an, est déjà un classique de la bande d’Alex Turner avec une énergie rappelant leurs débuts. Le deuxième, Do I Wanna Know?, sonne bien plus lourd et se rapproche plus de leurs deux derniers albums. On ne sait donc pas à quoi s’attendre à la première écoute de l’opus et c’est le troisième morceau One For The Road qui nous en apprend plus. On pourrait dire que ce morceau est aéré en partie grâce aux guitares et aux choeurs aigus. On y entend une basse et une batterie toujours bien présentes comme souvent avec eux et on sent un changement qu’on ne pourrait pas encore expliquer dans la voix de Turner. Ce qui est sûr c’est que ce deuxième morceau donne envie d’en écouter plus et on est servis avec Arabella, un des morceaux les plus péchus de l’album, mon coup de coeur personnel pour vous dire. Matt Helders (le batteur du groupe) nous fait une belle démonstration technique en alliant breaks de batterie et choeurs aigus comme sur R U Mine? A ce moment là de l’album on veut absolument entendre la suite tant le début est prometteur. I Want It All, qui suit, est un bon morceau mais est décevant par rapport à ces prédécesseurs dans l’album. Tant pis on enchaîne avec No.1 Party Anthem et là c’est une belle claque qu’on se prend ! Le premier morceau vraiment calme de l’album, on s’imagine déjà danser un slow avec une belle fille inconnue (ou un beau mec !) pendant un de leurs concerts. On est donc rassuré sur cet album, surtout qu’on vient d’en dépasser la moitié ! Ensuite c’est Mad Sounds, chanson qu’ils ont joués lors de leurs derniers concerts et dont j’avais pu entendre des petits extraits par vidéos de spectateurs. Je vous avoue, je n’avais absolument pas accroché mais après réécoute, cette chanson me fait penser un peu aux Velvet Underground, d’une part par l’instrumental mais aussi par la voix d’Alex Turner se rapprochant de celle de Lou Reed, c’est d’ailleurs là qu’on comprend ce qui a changé chez lui, il a prit en maturité. On poursuit notre écoute avec Fireside qui passe ici comme une chanson qui est là parce qu’il fallait une chanson là mais dont on peut tout de même remarquer des arrangements de très bonne qualité. Why’d You Only Call Me When You’re High? est la chanson la plus courte de l’album mais réveille un peu après ces morceaux plutôt monotones et langoureux. Snap Out Of It arrive comme une piqûre de morphine, le morceau ne passe pas par quatre chemins mais a le mérite de nous réveiller réellement, lui. À ce moment où on sait que les deux prochains morceaux sont les deux derniers on espère vraiment deux bons morceaux et bonne nouvelle, le début de la fin est bon ! Knee Sockssuit et rentre parfaitement dans l’esprit de l’album avec ses guitares omniprésentes et ses choeurs maitrisés à la perfection, il résume bien ce qu’on a entendu. Et c’est déjà le dernier des douze titres de cet album, I Wanna Be Yours, avec cette chanson on croirait presque que les gars de Sheffield sont eux aussi tristes que cet album se termine. Le titre en lui même n’est pas excellent mais n’est pas mauvais non plus et finit plutôt bien l’album.

Pour conclure, mon bilan de cet album est très positif, ayant pourtant une préférence pour leurs deux premiers albums, les singes polaires ont réussis à me convaincre avec ce bijou. Cet album sonne comme l’album de la maturité et promet un futur plus que bon.  

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