Insaisissables : « Approchez vous, plus vous croirez en voir et plus vous vous ferez avoir »

Les Quatre Cavaliers ; un quatuor de magiciens illusionnistes liés par le destin à leur dépend. En organisant, de Las Vegas, le braquage d’une banque française et en soutirant cent quarante millions de dollars du compte d’un escroc pour la bonne cause, Daniel, Jack, Henley et Merritt, ne vont pas tarder à s’attirer les foudres des forces de l’ordre, sans compter Thaddeus Bradley, prêt à tout pour détruire leur show. Oui mais voilà, les quatre prodiges ont toujours un « tour » d’avance et ils s’apprêtent à réaliser leur dernier coup de maître…
Insaisissables film
On se creuse les méninges avec la dernière réalisation de Louis Leterrier. Photo : SND.

D’abord, Now You See Me ou Insaisissables chez nous, cloue tout le monde sur place dès les premières minutes, avec un tour de magie destiné à nous, illustres mangeurs de pop-corn. Les quatre protagonistes entrent en scène les uns après les autres en réalisant leur numéro. Un très bon début. Le thriller tellement attendu de Louis Leterrier nous surprend et nous sommes déjà envoûtés…

Seulement voilà, derrière des tours spectaculaires, où tout le monde en prend plein les yeux et ne sait même plus où donner de la tête, des scènes se font longues du côté de nos deux inspecteurs de police… Même si leur histoire d’amour FBI/Interpol semble évidente et pourrait nous attendrir, les quatre cavaliers sont nettement plus époustouflants et se font grandement désirer, à plusieurs reprises! Suspens oblige…

Mais on ne sera pas trop dur puisque les scènes longuettes sont presque le seul défaut au film ! Presque ? C’est à dire que le sens du dénouement n’est pas très clair… Alors peut être que beaucoup de gens aiment sortir des salles obscures avec encore plein d’interrogations (tellement qu’ils iraient harceler le réalisateur pour en savoir plus), mais en tout cas la majorité se sentirai frustrée d’être passé à côté de quelque chose! Bon, dans ce domaine, certains ont fait pire… Surtout qu’il est vrai qu’on peut laisser parler notre imagination et se convaincre d’une fin plausible. Ou bien croire que le réalisateur brouille les pistes intentionnellement en vue d’une potentielle suite ? À éclaircir.

Proche de Nolan ?

Mais tout de même, le réalisateur français prend un malin plaisir à nous faire cogiter tout le film ! Même si les cerveaux en ébullition de Inception ou de Memento, remportent de loin la palme d’or des films prise de tête (même si on les adore), Insaisissables se défend relativement bien. Il faut dire, les magiciens n’ont pas qu’un tour dans leur sac, et parviennent avec succès à nous faire perdre la tête. Rien de tel pour se creuser les méninges avant la rentrée. Et il faut le dire, ça ne nous fait pas de mal !

Continuons. Vous allez me dire qu’un spectacle de magie absolument spectaculaire, sans les tours les plus impressionnants, n’en serai pas un. C’est pour quoi nous nous devons d’évoquer la mise en scène de ces derniers. Croyez-en la bande annonce, les tours de passe-passe de nos quatre artistes, sont quelque peu désarmants, ou… surréalistes ? Des recours aux effets spéciaux ? Oui, certainement, mais sur ce point on les pardonne, parce qu’on aime croire qu’il y a une explication rationnelle que tout le monde ignore. Cependant, ne pensez pas que tout fait l’objet d’images de synthèses… Ne plaise aux amateurs de science fiction, certaines illusions sont bien réelles, et les quatre acteurs se sont minutieusement entraînés à entrer davantage dans la peau de ces magiciens hors du commun. Et comme dirait Daniel : « Regardez bien. Plus vous vous approcherez, moins vous en verrez ». Normal que vous soyez tombés dans le panneau.

Jesse Eisenberg tire son épingle du jeu

Mais pas de bonne production sans une bonne brochette d’acteurs. Parmi notre lot d’artistes on compte bien sûr, en premier lieu, celui de Jesse Eisenberg (alias Daniel Atlas), qu’on avait vu dans The Social Network et plus récemment dans To Rome With Love, déjà au summum de son talent. En effet le petit protégé de Woody Allen est en passe de devenir quelqu’un de grand, et continue de parfaire son image, notamment grâce à son rôle de jeune illusionniste sûre de lui, qui, avec délicatesse, nous fait croire à la magie. Et « l’amoureux » du quatuor fantastique ne cesse de prendre du grade. Ado bafouillant et réservé de TRWL, image qui lui collait à la peau mais qui lui allait tellement bien, il devient manipulateur d’esprits et même chef de brigade, en un coup de baguette ! Et le pire, c’est que ça marche à merveille.

Seulement voilà, Jesse n’a qu’à bien se tenir, puisque, même si il est encore dans l’ombre de son grand frère, Dave Franco, qui joue le séduisant Jack Wilder, nous bluff du début à la fin. Jeune, charmant et prometteur, le petit frère de James n’est pas au bout de sa carrière, ça on en est sûr.

Et les autres…

N’oublions pas Woody Harrelson, qui incarne Merritt, mentalist au tempérament bien trempé, qui donne le ton d’humour au film. Henley, interprété par Isla Fisher. Et si son nom vous dit quelque chose ce n’est pas pour rien, « la grande prêtresse » a été récemment vu dans Gatsby Le Magnifique, film d’ouverture au festival de Cannes. Puis la fraîcheur de Mélanie Laurent, qui ne nous surprend qu’à moitié, parce qu’avec les actrices françaises, ce qui est bien, c’est qu’elle font toujours preuve de classe quelle que soit les circonstances, et ça plaît à tout le monde ! Enfin Mark Ruffalo, se glisse parfaitement dans la peau de l’agent Dylan Rhodes, tellement difficile à cerner. On retrouve également Michael Caine et notre frenchy José Garcia.

En tout cas, que le film plaise ou non, on note un casting qui ne manque pas de souffle, puisque (non non je ne l’oublie pas) Morgan Freeman est de la partie ! Pas besoin d’épiloguer, cet acteur, cela fait un bon moment que le monde le connaît. Dans le film à l’honneur, le septuagénaire, n’est pas très sympathique, ni très attachant (pour notre plus grand désarroi), fraîchement sorti d’Oblivion, film dans lequel il donnait la réplique à Tom Cruise et toujours aussi remarquable que dans Invictus, il interprète le sadique Thaddeus Bradley, à la perfection ! Il faut dire qu’avec Morgan Freeman on saura toujours à quoi s’attendre, une bonne dose de sagesse et puis une immense part de talent, ce pour quoi on le remercie de continuer à surélever le cinéma international.

Là où ça étincelle

La BO, elle, est à la hauteur, et on la doit à notre Brian Tyler, tellement habitué à mettre l’action en musique! À son palmarès, Iron Man 3, Destination Finale, Expendables, et on en passe.

Bref, un film épatant en soi avec quelques baisses de cadence parfois, mais un suspens, qui malgré tout, relance le rythme et nous laisse sur notre fin. En tout cas, le final berne tout le monde, même les plus malins ! Au top au box-office outre-Atlantique, trois oscarisés, de l’action, de l’humour et un scénario original : la bonne recette du long-métrage plaisant et maîtrisé ! On en redemande.

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