Entretien avec Sophie Maurin

© Crédit photo : Emma Picq
© Crédit photo : Emma Picq

Lorsque j’étais présente à la dernière édition des Francofolies qui vient d’ailleurs de s’achever, j’ai eu la chance de rencontrer Sophie Maurin lors d’une interview. Artiste présente lors du chantier des Francos 2012/2013, elle a donné deux concerts le 13 et le 15 juillet à La Rochelle. Beaucoup de belles choses semblent se dessiner pour elle, en effet, à l’issue de la sortie de son premier album en mai dernier, elle entamera une tournée de plusieurs dates au travers de la France. Et les Francofolies viennent un peu comme la cerise sur le gâteau, embellir les espoirs de la chanteuse originaire du Var. Sophie Maurin est notre découverte musicale du festival qui s’est d’ailleurs vu remettre le Prix Premières Francos Adami le lendemain de notre interview ! Nous espérons qu’elle aille encore Far Away

Bonjour Sophie ! T’attendais-tu à figurer dans le chantier des Francos cette édition ?

Oui ça faisait déjà un moment que j’y réfléchissais et que j’avais envie de le faire !

Écris-tu toutes tes chansons ?

C’est cinquante, cinquante. J’essaye bien évidement d’écrire le plus possible mes chansons parce qu’elles sont le reflet de ce que je montre mais sinon l’arrangement des chansons passe aussi par la présence musicale des musiciens qui sont importants dans la réalisation de ce projet: merci à Pablo Pico à la batterie, à la clarinette et aux chœurs et également à Sebastien Grandgambe au violoncelle et au chant.

La première chanson de ton album est écrite à la fois en anglais et en français. C’est toi qui a écrit ces paroles là ?

J’avais l’idée de la chanson bien en tête mais je ne crois pas maitriser autant l’anglais que ça, donc je n’ai pas pu écrire les paroles en anglais.

As-tu une idée du public que tu peux avoir ?

Idéalement, j’aimerais couvrir la tranche d’age la plus large possible. Je pense que mon public doit avoir une moyenne d’âge autour du mien… En fin de compte c’est difficile à savoir.

Tu as figuré dans l’émission musicale défricheuse de talents comme Chabada, aujourd’hui déprogrammée. Entre temps, Taratata a suivi. Que penses-tu de ces émissions culturelles et musicales qui disparaissent petit à petit ?

Et il y en aura d’autres qui continueront à mettre des artistes en avant. Ces émissions n’ont pas été déprogrammées pour qu’il y ait autre chose, apparemment ce qu’ils disent c’est qu’il y aura des émission culturelles et musicales qui les remplaceront… J’attends de voir !

On te décrit comme une musique énergique, un monde coloré. D’où la tiens-tu toute cette énergie et toute cette inspiration ?

C’est simplement parce que j’aime ça. Quand je me mets au piano, je suis heureuse et ça vient, je laisse mes doigts faire. Quant à l’inspiration, au niveau des textes, de la littérature et de la poésie il y a pas mal de choses qui me portent beaucoup comme Boris Vian, Jacques Prévert, George Orwell… ce sont des auteurs qui sans doute m’inspirent un petit peu. Pour la musique, au moment où je me mets devant le piano, j’essaye de ne pas penser à quelque chose de musical pour m’en inspirer. Au contraire, j’essaye de chercher au fond de moi le plus possible, pour que ce soit le plus personnel.

C’est d’ailleurs ce qui ressort de tes chansons, tu t’inspires donc de tout ce qui t’entoure ?

Oui c’est vrai qu’il y a beaucoup d’autobiographie, c’est forcément quelque chose que j’ai vécu ou que quelqu’un proche de moi a vécu mais après je ne vais pas du tout faire de la chanson réaliste. Ça ne me convient pas en tout cas dans ce que j’ai envie de faire, et évidemment c’est toujours imagé, j’extrapôle avec des choses de l’ordre du fantasme, du rêve. Pour qu’à la fois ça fasse et rêver et en même temps trouver des choses assez précises et qui permettent finalement de rendre le propos un peu plus général pour que le maximum d’auditeurs puissent y trouver une interprétation qui est la leur.

Tu as déjà sorti un clip, Far away, c’est toi qui es aux commandes ?

En fait j’ai fait appel à un réalisateur qui s’appelle David Freymond qui est extrêmement talentueux et qui a beaucoup d’idées, qui est assez loufoque et j’avais déjà vu des clips qu’il avait réalisé qui sont vraiment très chouette. Je tenais absolument à travailler avec lui et bingo, il a dit oui ! Après on a quand même pas mal échangé sur ce qu’on avait envie de faire. L’idée du video mapping c’est moi qui lui  en avait parlé au départ et après il y a mis toute sa patte et toutes ses idées dedans.

J’ai une grande préférence pour la chanson Je suis des autres. Si tu étais amenée à réaliser son clip, qu’est ce que tu ferais ?

J’ai des idées, c’est une chanson qui parle de mes différentes « facettes » comme tu viens de le pointer mais je ne peux pas te dire. Il faut qu’on garde le secret pour le moment et qu’on laisse les idées venir petit à petit.

Apprécies-tu quand on te compare à d’autres artistes de ton registre comme Camille ?

Je ne comprends pas pourquoi on fait cette assimilation… Après c’est une artiste que je respecte beaucoup et que j’admire donc c’est flatteur. Ça peut presque me faire plaisir mais je ne comprends pas parce qu’on n’a pas la même démarche, ni la même musique. Les comparaisons visent à nous mettre dans une case et à nous rapprocher d’artistes connus. On aspire tous à être unique dans ce que nous produisons.

De quels instruments joues-tu ?

Je suis pianiste de formation, je joue aussi un petit peu de guitare. Mais le piano reste mon instrument de base, après j’aime beaucoup la voix, je la considère comme un instrument à part entière dans mes compos. J’essaye de l’utiliser pas seulement pour chanter des mélodies, mais j’essaye de faire des rythmiques derrière avec la voix et même un travail d’harmonie vocale qu’on met en avant avec mes musiciens qui chantent aussi sur scène. Sinon j’aime bien jouer aussi des petites percussions, je touche à tout. En fait j’aime bien collectionner les petits instruments, j’ai un toy piano, un springdrum, des kalimbas… un xylophone aussi. Ce sont beaucoup d’instruments qui s’apparentent au piano, avec des touches, un rappel à mon instrument d’origine.

Plutôt studio ou scène ?

Les deux en fait. J’adore même le fait de répéter, quand on cherche les arrangements jusqu’à ce que la chanson commence à s’habiller. Le studio c’est quelque chose qui me plait, j’ai toujours fait toutes mes maquettes chez moi toute seule donc je suis habituée à enregistrer et c’est quelque chose que j’aime beaucoup. Et puis la scène, c’est la cerise sur le gâteau, c’est le but ultime. Il y a quelque chose de fort, une adrénaline qu’on ressent nul part que sur la scène. Lors du concert d’hier [13/07 à La Coursive, au théâtre Verdière] – complet devant 500 personnes- particulièrement, je sentais mon cœur battre la chamade avant de monter sur scène. C’est très émouvant à la fin quand le public est là, quand il te donne quelque chose t’as envie de leur en redonner davantage. Donc oui, je peux te confier que le concert d’hier soir à dépassé tout ce que j’ai deja pu vivre en studio même si c’est un endroit que j’affectionne particulièrement.

Comment te prépares-tu avant de monter sur scène ? Un grigri ?

Une demi-heure avant de monter sur scène j’aime bien prendre mon temps, un petit rituel, de me coiffer, me maquiller, m’habiller. Juste pour me mettre dans l’état d’esprit. Il y  a une préparation, tu vois comme un sportif qui se prépare. Autrement, la plupart du temps je bois beaucoup d’infusions de thym et de sauge, c’est peut être le seul truc un peu moins courant que le reste.

Pour terminer, as tu-un meilleur souvenir de concert ? Une scène préférée ?

Franchement je crois qu’hier était vraiment un grand moment pour mes musiciens et moi. On a commencé à travailler ensemble cet automne avec le Chantier des Francos avec qui on a fait nos premiers concerts, où on a peaufiné notre set et nos arrangements ainsi que tout ce qui était scénique on l’a mis en place avec eux. Et un des événements importants qui arrive grâce au chantier c’est justement la programmation aux Francofolies de La Rochelle. D’avoir fait tout ce parcours avec eux, de terminer de cette façon, on était tous très heureux. On a tous partagé beaucoup de choses. Du coup ce concert là, il avait un goût spécial en plus du fait que j’attendais ce concert depuis longtemps, il y a eu l’attente qui s’est rajoutée à tout ça, avec l’euphorie, l’excitation et même plus de pression que d’habitude en raison de tous ces facteurs.

Un énorme merci à Sophie Maurin et à Julie Bataille pour leur temps précieux. Remerciements aussi aux Francofolies de La Rochelle et de leur accueil. A Aoura, JO & CO.

____________

Site officiel

Facebook

Twitter

____________

Sophie Maurin premier album disponible depuis le 27 mai

15.08.13 – FESTIVAL MUSICALARUE – LUXEY (40)

18.09.13 – FESTIVAL LE CHAINON MANQUANT – LAVAL (53)

03.10.13 – LE PEDILUVE – CHATENAY MALABRY (92)

04.10.13 – LE GRAND LOGIS – BRUZ (35)

05.10.13 – L’ESTIVAL – SAINT GERMAIN EN LAYE (78)

Laisser un commentaire